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Religion, croyances et spiritualité, le retour du sacré dans notre société*

Témoin de cet essor depuis quelques années, nous souhaitons analyser avec vous ce come-back du mystique et du biblique.

On le sait, les artistes exploitent ces codes depuis longtemps, comme un passage obligé dans leur quête de sens. Peut-être même comme une sorte d’ex-voto…

Mais ce recours aux vanités s’est accru ces dernières années. Ceci étant probablement causées par l’accélération du temps, du rythme de la vie mais aussi aux tensions qui s’amplifient dans le monde, à l’instabilité que génère la crise économique et sociétale.

Les œuvres de Magnus Gjoen en sont la preuve :

Étant donné que l’art est une sorte de « précurseur analytique », le corps sociétal se dirige fréquemment dans la même direction. D’ailleurs, comme nous l’avons déjà souligné : pour la société de demain « l’exceptionnel sera le temps ».

Cette question des valeurs et de la temporalité est de plus en plus omniprésente. Deux notions qui connotent l’idée du spirituel. Que faire du temps qu’il nous est imparti ? Qu’y a-t-il après la mort ? Quelle empreinte laisserons-nous ?

Or ces doutes, ces interrogations et cette attirance pour le mystique, le monde de la consommation et de la communication l’ont bien saisie.

Et comme souvent, l’art et la publicité se font échos, il n’est pas étonnant de retrouver des vanités dans les créations textiles et visuelles.

« La fonction première du mythe est de se confondre à l’angoisse de la mort. (…) Ce sentiment est aujourd’hui toujours vivant et nous avons besoin d’incarner, de créer des productions et des récits qui nous détournent de cette certitude de la mort. » (Influencia n°2, Diabolus in Luxuria, page 34-38)

C’est le monde du luxe qui est le premier à avoir adopté cette mouvance.

Ci-dessous quelques exemples :

 

(Zombie Boy égérie de Thierry Mugler)

(Alexander McQueen)

 

Madonna et Lady Gaga ont elles aussi pris cette orientation pour lancer leurs nouveaux parfums, en jouant avec les codes religieux, avec le vice et avec la dualité bien/mal :

 

 

 

En outre, on peut s’étonner du lien entre le consommable et le spirituel. Utiliser des valeurs de sens pour pousser à l’achat peu paraître paradoxal. Mais si l’on s’intéresse à l’étymologie du mot : consommation, il induit le fait de consommer, de consumer et donc de dissiper. Tandis qu’au sens littéral, ce mot traduit l’achèvement, l’accomplissement et la réalisation (Consommer le mariage).

En ce sens, on pourrait dire que le consommateur s’attache à l’éphémère pour sentir l’éternel.